UN CONCERT DE MUSIQUE BRESILIENNE AU THEATRE DE VERDURE
de Leïla et Ahmed MERGHOUB, aux CHARTREUSES DU BOULOU le 27 mai 2025
Répondant à la proposition de nos amis amopaliens Dalila et Jean-Yves Marinaro, l’AMOPA66 a participé à un merveilleux concert de musique brésilienne dans la propriété de Leïla et Ahmed Merghoub au Boulou.
Un écrin magnifique, jardin, colonnades du théâtre donnant sur le Canigou, accueillait les musiciens. Installés sur les gradins face au Canigou, les membres de l’AMOPA arrivés en fin d’après-midi, ont pu goûter la prestation musicale dans les rayons superbes du soleil couchant.
En nous accueillant, Leïla et Ahmed Merghoub nous ont révélé que le père d’Ahmed, commerçant en Algérie dans les Territoires du Sud, après avoir été instituteur quelques années, formé à l’Ecole Normale de Bouzareah à Alger, avait été nommé au grade d’« officier d’académie », avec remise des palmes académiques, pour service rendu aux œuvres scolaires, en date du 20 décembre 1949. Le diplôme est signé par Monsieur Yvon Delbos, alors ministre de l’Education nationale. En ce temps là…, nous étions sous la IVème république, avec Vincent Auriol comme président de la république, et Georges Bidault comme président du Conseil de son 2ème gouvernement.
Qui était Mohammed ben Baelhadj Merghoub ? Un homme de bien, laïque, républicain, humaniste et universaliste, qui a oeuvré et milité pour l’enseignement de la langue française, et le rayonnement de la culture française alors qu’il était en poste en Algérie. À la mort de son père, l’instituteur Mohammed Merghoub a abandonné l’enseignement, et repris le commerce paternel. Mais toujours attentif à l’instruction, il a créé une cantine scolaire et une salle d’études pour l’aide aux devoirs scolaires dans l’unique école publique du primaire de la ville de Ghardaïa, chef lieu de la vallée du M’zab, dans les Territoires du Sud de l’Algérie, française à cette époque. L’école dans ces territoires n’était pas obligatoire, contrairement aux trois départements français du Nord de l’Algérie. Et l’hostilité à l’enseignement de la langue française y était réel, dans la crainte que cette langue ne détourne les enfants de leur culture originelle et de la tradition.
Alors qu’il visitait ces Territoires, le ministre de l’Education a été très sensible à l’engagement de Monsieur Merghoub, qui s’est étonné de recevoir un peu plus tard ce diplôme.
Qu’il nous soit permis d’ajouter que Ahmed Merghoub, son fils, profondément attaché à la laïcité, s’est illustré dans une brillante carrière entièrement dévolue aux arts, aux sciences et aux lettres, dans nos plus nobles institutions culturelles hexagonales.
Cécile Brennan-Sardou

